Carnet de route

Exploration de l'amont du gouffre du Soucy

Le 16/03/2014 par Fabrice Couhier & François Beaucaire.

L’an deux mil* treize, le sept du mois de septembre à huit heures, affiche mon smartphone dernière génération ! J’arrive sur le pré qui fait office de parking à quelques encablures du gouffre du Soucy.

Les camarades sont déjà là, Aurélie, Marie, Patoche, Christian & Lydie, François le Doc, Simon, Soso et Annick, Arnaud et François Beaucaire mon compagnon d’exploration ! La plupart ont couché sur place. Pour aider vendredi soir, Patrick (dit Soso) a équipé les 57 m de puits du trou!

Notre matériel est pris en charge par nos compagnons (4 bouteilles de 7,5L pour le siphon S1, et de nombreux kits* de matériel personnel), pour  être acheminé au fond du gouffre !

L’heure d’attente dans le pré est longue et pour tuer le temps, nous reparlons de la naissance du projet !

Ce gouffre est connu depuis la nuit des temps, jadis ce regard naturel sur la rivière souterraine de Francheville a suscité bien des convoitises, Martel (pas celui de Poitiers !), mais le précurseur de la spéléo moderne était présent en surface quand son fidèle compagnon Louis Armand s’y est aventuré avec Clément Drioton en 1904 ! Puis bien plus tard, dans les années 70, le Spéléo Club de Dijon (SCD) avec l’avènement de la plongée a continué l’exploration sous l’impulsion des Rorato, Degouve, Lebihan, Laureau… et bien d’autres, le dernier ayant poussé la pointe jusqu’au S8, arrêt sur étroiture à -6m après 20m d’exploration et ceci à 2,6 km de la sortie !

Ainsi en cette année 2013, après 35 ans d’abandon, deux spéléos du Club Alpin Français (CAF) dopés par toutes sortes de produits (il les cite) : Barres chocolatées à l’huile de palme, pâte d’amande aux E120 ; boissons sucrées au stabilisant (le monde de la malbouffe était beaucoup plus sain avant que les industriels ne s’en mêlent !!) ; je disais donc : deux cafistes après avoir lu l’ouvrage consacré au réseau souterrain de Francheville (paru en 2010) ont décidé de reprendre l’exploration et de franchir la fameuse étroiture du dernier siphon !

Mais pour réaliser cette pointe, deux séances de portage seront nécessaires !

Premier portage : le Dimanche 7 avril 2013.

Le 4x4 Duster de François est déjà là, ainsi que le van de Soso et Annick ; ces derniers ont en effet équipé le trou la veille pour gagner du temps. Avant de discuter, je fais un premier aller retour avec mon bagage à main, j’ai nommé ainsi mon sac rempli de deux tubes étanches made in home et de deux blocs de 3L qui seront fixés sur le ventre lors de la plongée du siphon S1 qui m’est inconnu !

A peine installé dans le van de Soso, à siroter un thé, le reste des camarades arrive à son tour ! Ils achemineront le reste du matériel, au total 8 kits plus un sac sherpa rien que pour les plongeurs, complétés par la corde de traction, et divers poulies, bloqueurs.

Avant de plonger, il faut nous équiper de nos baudriers pour descendre dans les entrailles de la terre, et atteindre le fond du gouffre où nous attend le lac, suivi du siphon, premier verrou de notre exploration. Nos compagnons s’installent aux divers fractionnements des puits afin de gérer la descente de notre matériel jusqu’au fond.

Trente minutes plus tard, tout est descendu, nous nous activons pour équiper notre brelage à l’anglaise*avec ses deux blocs de 7,5 L sur-gonflés. 10h15 sous le regard de nos camarades, nous testons nos détendeurs, nous nous immergeons avec une charge conséquente (un sac ventral de 20 kg).

Le début est agréable, nous survolons un lit de galets, mais très vite ces derniers font place à la bonne vieille glaise bien grasse qui glisse entre nos doigts. Le passage de François a levé quelques nuages, mais grâce au palmage Frog Kick*, cela reste raisonnable (visibilité jusqu’à 5m). Notre rendement est pitoyable, tant nous sommes chargés ! On croirait voir des pachydermes affublés de pattes palmées ; nos kits ne sont pas équilibrés (trop lourd), nous obligeant à gonfler la bouée dorsale ! De plus j’ai mis ma sur-combinaison spéléo, ce qui n’arrange rien au niveau hydrodynamique !

Le siphon est large de 6m sur 4 de haut, mais trop de fils le traversent, pas moins de 4 (dont un orange plus solide) et le câble téléphonique noir de la première exploration, qui est lui enfoncé dans la glaise.  Pour éviter de s’y emmêler, il faut redoubler de vigilance, nous efforçant à les prendre tous en toron, ou parfois même un dans chaque main pour se glisser au milieu !

Le siphon est annoncé pour 100m à l’étiage, mais là, il est beaucoup plus long (débit référence : 2,2m cube / s sur l’Ignon à Villecomte* ce jour). J’ai l’impression de faire du « sur place » tant je suis lourd, à me demander si j’ai suffisamment de condition physique pour le traverser ! Le doute s’empare de moi ! Je ne connais pas ce siphon, Il est interminable…

J’ai dépassé les quarts en consommation d’air* sur un bloc, et je n’en vois pas le bout !

Après encore quels efforts, le miroir apparaît, j’émerge mais la voûte n’est qu’à 20 ou 30 cm de l’eau…J’arrive au lac, François est alors loin devant, je ne l’entends pas, je continue sur mes détendeurs pendant encore un bon moment. Enfin la galerie devient plus haute, de plusieurs mètres, mais la position sur les reins de la wing* ne m’apporte aucun confort et je misère pour me maintenir en surface tel le poisson dans son bocal qui manque d’oxygène !

J’appelle François... il est plus loin dans la galerie qui serpente encore sur une centaine de mètres, il me répond qu’il est arrivé, on va pouvoir poser les blocs ! Je nage encore dans ce corridor dont les bords et le fond sont tapissés de glaise : le fameux lac de boue !

Là, nous libérons nos blocs, baudriers et petit matériel de plongée sur un gros talus à quelques pas de l’ancien touret métallique du câble noir.

Nous poursuivrons avec notre « bagage à main » équipés chacun par deux brassards de bébé nageur, qui permettront d’avoir une flottabilité positive dans les parties de hautes eaux !

Quittant notre promontoire glaiseux, nous nous enfonçons jusqu’aux genoux…j’espère que la suite est plus sympa ! Puis après s’être frayé un chemin entre quelques blocs, nous retrouvons très vite la rivière dans une galerie de toute beauté et de belles dimensions (5m par 10 de haut). Nous déambulons dans une eau à mi-mollet, entrecoupée de petits barrages de calcite sur toute la largeur du cours d’eau souterrain. La glaise a disparu, laissant place à quelques amoncellements de chailles* noires cassées et déposées au gré des crues !

            La suite se fait sans difficulté jusqu’au grand éboulis ; nos sacs que nous traînions derrière nous dans l’eau, sont remis sur le dos pour le franchir. Nous cherchons quelque peu notre chemin dans les blocs, pour le trouver à droite le long de la paroi, la rivière coulant en contre bas.

Une fois l’éboulis franchi, la rivière est retrouvée sur une centaine de mètres, suivi d’un peu de ramping pour atteindre le petit éboulis qui sera facilement escaladé. On peut y lire sur une paroi, quelques mots d’amour gravés par les anciens explorateurs !

Nous remettons notre cagoule en néoprène, car nous arrivons dans la partie des voûtes mouillantes où la plus basse n’excède pas 25cm pour une moyenne de 40. Elles se passent sans difficulté et la suite se fait plus grasse car le fond de la rivière est recouvert d’argile. Se succèdent ensuite sur 300m des passages plus profonds, nous obligeant parfois à nager ! La galerie bifurque sur la droite à angle droit et nous traversons encore 100m d’une belle et calme rivière (largeur 3m), à la nage (bassins profonds), avec des balcons qui nous surplombent. De jolies dalles noires de chailles* ressortant de la roche agrémentent notre traversée ! Nous apercevons le départ de la galerie carrée et la suite aquatique se fait plus paisible.

            Au détour d’un énorme bloc, nous découvrons une galerie sèche et « propre » qui donne accès au siphon S2. L’endroit est idéal pour y bivouaquer (largeur 4m pour 20m de long), nous y déposons notre matériel : 4 bouteilles de 3L (300bars) et des affaires de couchage (hamacs, bouffe, réchaud, vêtements chauds), mais ces dernières vont nous faire, dans quelques temps, à notre insu, un drôle de tour! Le siphon 2 est toujours équipé du fil d’Ariane des précédentes explorations !

Nous mangeons quelles sucreries pour reprendre des forces, et faisons demi-tour !

Etant délestés, le retour est beaucoup plus rapide, nous ne ramenons que nos tubes étanches vides car nos affaires ont été stockées dans un gros sac poubelle blotti bien à l’abri dans une niche à 2 ou 3 m de haut par rapport au fond de la galerie !

            Le retour au lac de boue a dépassé toutes nos espérances, il est 14h45 soit 4h30 depuis notre départ dans le siphon !

Nous nous rééquipons de nos scaphandres, et nous nous glissons dans cette eau froide et trouble. Les crampes commencent à se faire sentir… en marche arrière, nous ne nous éternisons pas pour traverser ce lac long de 150m, pour enchaîner avec la même distance en immersion totale !   

La visibilité du retour n’est pas bonne, et il nous faut rester concentrés malgré la fatigue pour que les fils d’Ariane salvateurs ne deviennent pas des pièges mortels !!

            15h30, nous émergeons à la base des puits, heureux d’avoir réussi notre premier portage !

            Nous appelons nos camarades restés là haut…

Certains profitant de la sortie, ont visité la salle Adventive et le réseau supérieur.

Ah… ça bouge…ils nous ont entendus !

Pendant que nous reficelons nos ballots, le Doc se laisse descendre en faisant l’acrobate sur la corde de traction, revisitant le gouffre, et Hamlet à la façon PINDER…Toubib or not …!!

            Les gens se mettent en place aux endroits stratégiques et une équipe de surface utilisant les techniques du Spéléo Secours aidée d’un palan remonte notre matériel sur la corde noire, obéissant à nos ordres tonitruants qui retentissent le long des parois de l’abîme : « TRACTION !!! »

      La sortie se fera sous un beau soleil de printemps, c’est prometteur…

Samedi 4 mai 2013 : Le deuxième portage est annulé…

Après plusieurs jours de forte pluie, les cours d’eau de Bourgogne ont gonflé, jusqu’à provoquer une crue cinquantenaire* pour certains!

L’Ouche est sortie de son lit, pour se retrouver dans les maisons de Longvic et de Dijon…heureusement le local du CAF a été épargné de justesse !

            9h de matin, mon portable sonne au fin fond d’un parking, c’est François :

« Ça te branche d’aller voir le niveau d’eau au Soucy et à Nonceuil ! »

« Ouais ! C’est une bonne idée »

            Ainsi François ayant arrosé copieusement par mail les membres de notre section, nous nous retrouvons à six, pour faire le tour des trous de Francheville. Nous commençons par le Soucy, puis respectivement la Combe aux prêtres, Nonceuil, le puit carré, pour finir par le creux Bleu. Tous les champs qui bordent la route qui relie Francheville à Villecomte sont sous les eaux, coupant parfois cette dernière. La montée en charge de la rivière souterraine est de 15m au Soucy et de 31m au gouffre de Nonceuil, c’est rarissime !  

            Mais une pensée nous obsède : Dans quel état, allons nous retrouver notre matériel déposé, il y a un mois, devant le siphon deux de la rivière du Soucy ?

Deuxième portage : le 14 juillet 2013.

 Il aura fallu repousser maintes fois et attendre deux mois et demi que le niveau d’eau redescende pour que l’on puisse y retourner !!

La grande inconnue : allons-nous retrouver notre matériel ?

            Cette sortie attendue depuis si longtemps, livra son mystère, au détour de l’énorme bloc de calcaire, qui verrouille le passage de la galerie du futur bivouac…

            Envolé, disparu le bivouac mais fort heureusement il reste l’essentiel : les quatre blocs de plongée (3L), un réchaud, une boite de bougie de survie qui s’est coincée à mi-hauteur entre deux lames après avoir flotté (ceci prouvant que l’eau est montée sans courant). Seules les choses légères stockées dans un gros sac poubelle sont comme volatilisées, elles ont dû vraisemblablement monter avec l’eau dans la cheminée de 15 ou 20m de haut située juste au dessus car nous n’avons rien trouvé dans la galerie de la rivière! Nous ne nous faisions guère d’illusion quant à retrouver nos hamacs et sous-vêtements polaires!

Curieux, j’entreprends d’escalader en libre, l’énigmatique cheminée, afin d’y dénicher nos falzars d’infortunés explorateurs ; « je ne m’amuserai pas à çà !» me lance François, Je me ravise, il a raison, on est tout de même post siphon et ce n’est pas le but de notre sortie !

Le retour s’est fait sans problème, nous sommes donc prêts pour la pointe qui aura  lieu en septembre, après les vacances !

            L’assistance de surface s’est étoffée d’autres membres car nous étions ce jour là, 13 personnes, et nous avons bien apprécié le barbecue chez  Marinette et Jean en soirée ; feux d’artifice de grillades et de bons vins !

La pointe : Samedi 7 et Dimanche 8 septembre 2013.

9h00, alors que nos camarades s’activent dans le gouffre pour acheminer notre matériel, nous patientons dans le pré faisant office de parking…  N’y tenant plus, nous bondissons dans nos combines néoprènes, nous parant de toute sorte de quincaillerie cliquetante !

Sur le point de partir, la camionnette de Clément Chaput arrive sur la route jouxtant le pré, Bernard Le Bihan et Clément en sortent et viennent nous saluer ! Ils avaient prévu de plonger l’aval de Nonceuil, mais la météo pluvieuse et d’autres prédictions de mauvaise augure les en dissuaderont ; le matériel étant au fond, ils plongeront tout de même l’amont, histoire de faire quelques images !

La pluie se remet à tomber et nous nous dirigeons avec eux, à l’entrée du gouffre. Nos collègues du CAF finissent de descendre les derniers kits, et nous nous glissons à notre tour dans le trou béant.

            Au fond, le cérémonial des préparatifs commence sous l’œil approbateur de nos porteurs ! Il nous faut préparer le brelage à l’anglaise, les blocs et détendeurs séparés, le casque avec double éclairage vissé sur la tête, un kit ventral avec un reliquat de matériel, une lampe de secours, plusieurs dévidoirs*, deux masques …

Ça y est, nous sommes prêts à partir, « à demain ! » nous lancent nos amis ! Et le faisceau de nos lampes se perd dans l’obscurité du siphon sur une musique ténébreuse… « Ah bon, vous l’avez ressenti comme ça ! Eh bien pour nous, la mélodie est plus enjouée, l’attrait de la découverte sûrement ! »

Le premier verrou de notre exploration si inquiétant la première fois sauta facilement, l’enchaînement dans le tunnel exondé n’en est pas moins plaisant, se succèdent ensuite les deux éboulis, le gros et le petit ! « C’est toi Laurel, c’est moi Hardy : c’est toi le gros et c’est moi le petit ! ».

« Cloc, cloc » fait la dalle de calcaire sous notre passage, nous ne sommes plus très loin des bassins profonds du paisible cours d’eau où il faudra nager, avec ses coursives surplombantes, puis c’est la galerie jouxtant le siphon S2 et derrière…l’aventure ! La vraie, celle qui exalte nos sens, grise nos méninges, au point de nous faire prendre des risques déraisonnables ! N’est ce pas Christophe !

Mais là où l’engagement est total, là où nous sommes en permanence sur le fil du rasoir, frôlant l’irréparable, on se sent tellement vivant !

Christophe est un ami d’enfance, qui m’a fait découvrir la spéléo et qui participa à notre aventure commune, dans les années que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ! Expédition Magara 94 en Turquie, où nous avons faire la découverte du Gouffre Kuyukuyé * arrêt à moins 832m sur étroiture avec courant d’air et où mon cher camarade grisé par la première qui lui tendait les mains, a sous estimé la hauteur d’un ressaut, et après avoir rabouté deux ou trois sangles, s’est lancé à l’assaut de ce dernier, arrivé au terminus de son équipement de fortune, il réalisa qu’il restait encore trois bons mètres pour toucher le fond, il s’efforça alors de remonter tel le gymnaste, à la force des bras. Vous imaginez la suite, ses muscles n’en pouvant plus, ont tétanisé, et il est tombé comme un sac ! S’en est suivi un silence de mort, l’éclairage acétylène que l’on utilisait à cette époque fut soufflé par la violence du choc ! Son copain d’exploration Claude Michel, qui était resté au dessus, héla un « Ooooh, ça va ! » angoissé…

 Pas de réponse !

Christophe ne bouge plus, il est recroquevillé sur le coté ! Claude l’interpella à nouveau !

« Ooooh, Christophe, ça va ! »

Et fort heureusement, plus de peur que de mal ! Christophe est sorti de sa torpeur, il a peut-être eu une légère perte de conscience, mais tout va bien ! Il a eu ce jour là, une sacré bonne étoile, s’il s’était cassé une cheville en se réceptionnant sur un bloc, cela aurait été catastrophique, sachant qu’au dessus de lui, cheminait une galerie de 130m avec un méandre des plus étroits et des virages atroces (je n’en ai plus jamais rencontré d’aussi serrés !), en effet, pour les franchir un individu de 1m80 pour 65kg (on n’était pas épais à cette époque !) était obligé d’enlever son baudrier et sa quincaillerie pour ne pas y rester bloqué. Imaginez sortir un blessé dans ces conditions, ou chaque épingle demandait de se contorsionner à l’égyptienne pour être franchie !  C’est sans compter les 460m de puits qui nous séparaient de la sortie de gouffre (avec un immense névé à -200m), c’est sans compter les deux heures de marche d’approche avec ses 600m de dénivelé à travers la moraine pour redescendre au camp de base, c’est sans compter 2 ou 3 heures de piste qu’il fallait parcourir en voiture pour arriver à trouver un téléphone. Il aurait fallu appeler en France, il n’y avait pas de spéléo à cette époque en Turquie, il aurait fallu réquisitionner des sauveteurs en plein mois d’août, affréter un avion …Mon pote tel Marcel Loubens (spéléo mort à la Pierre Saint Martin) aurait eu le temps d’agoniser sur place, devant ses camarades impuissants avant de voir le premier sauveteur !

Suite à cette mésaventure, Christophe n’a plus jamais refait de spéléo, il s’est mis à l’Ultra-trail !

Notre matériel est resté sous terre tout l’été, et nous ne sommes pas tranquilles, il nous tarde d’arriver au deuxième siphon ! Il n’y a pas eu de crue, certes, mais des traces laissées au niveau du S1 attestent que des individus ont franchi ce dernier, durant la période estivale !

Il est 13h30, notre arrivée fait retomber notre appréhension, rien n’a bougé !

Abandonnant ma préparation culinaire écœurante à base de riz, nous nous restaurons de quelques sucreries, pour rapidement s’atteler à la préparation du matériel de plongée !

Tout à coup, le bruit d’une fuite déchira le silence de la cavité !  François, à la mise en pression, met en évidence un problème sur un manomètre…heureusement il prévoit toujours de quoi réparer !

Nous allons plonger pour la première fois ce siphon S2 déjà équipé d’un ancien fil toujours en état ; l’accès se fait dans une petite crique sableuse bordée de quelques bancs d’argile. Nous le franchissons en respirant sur le bloc de 7,5L, les deux 3L étant réservés pour la fin ! Il touille * assez rapidement mais on peut y apercevoir deux cloches. Au bout de 60m d’immersion, la sortie se fait sur un gros amas de glaise, qu’il faut contourner par la gauche en restant dans la rivière. La suite est de toute beauté, on retrouve le cours d’eau avec ses dunes de calcite, sorte de mini Sahara souterrain et ses petits barrages où ont élu domicile de petits crustacés, une sorte de cloportes cavernicoles * blanchâtres !

            Nous progressons dans une eau limpide à mi-mollet que notre passage ne souille pas ! Lourdement chargés, nous avançons lentement. En ne prenant pas de sac à dos pour le bloc de 7,5L, j’ai fait une erreur que je suis en train de payer ! Les bouteilles accrochées sur le devant me tirent sur le dos ! Nous avons chacun 30kg à porter, ce qui nous ralentit considérablement !

Tout à coup, entravé par mes palmes qui pendent à la ceinture, je perds l’équilibre et je m’étale comme une crêpe…ma tête frôle la paroi, mais heureusement pas de mal !! Il ne faut surtout pas que je me casse quelque chose, on est post S2, et je me vois mal attendre pendant des heures, les secours sous une couverture de survie, avec les pieds dans l’eau ! François est devant, je décroche les 11 kg de mon bloc 7,5L de mon brelage et décide de le prendre à la main, je progresse en redoublant de prudence !

             La beauté des lieux ne nous échappe pas. La galerie garde la même morphologie, le fond de la rivière est tapissé de petites buttes de calcite jaune ambrée de la taille de ballon de foot, elle est entrecoupée tous les 10 ou 15m de barrages avec leurs cascatelles. Nous avons déjà pas mal avancé. C’est la partie inter siphon, la plus longue (450m), avec de beaux volumes (4x4m), et dans une hauteur d’eau ne dépassant pas 40cm.

N’ayant pas la topographie en tête, on ne sait pas où on en est ! Ma progression est lente et j’ai soif ! 

            Des infiltrations coulent du plafond, témoignant des pluies qui se sont abattues sur la région, depuis quelques heures ! L’une d’elle est plus importante, et s’apparente à un sexe de femme… hallucination post siphonale, ou phantasme vaginal !

Qu’à cela ne tienne, au risque d’attraper une MST (Maladie Soudaine Tonitruante … une bonne chiasse quoi !!),  j’inonde mon visage et ma bouche de cette cyprine souterraine et désaltérante !

             Je rejoins François qui fait une pause, et en profite pour réfléchir. Il me dit :

« Notre progression est trop lente, nous ne connaissons pas la suite et nous perdons trop de temps. On risque de ne pas arriver à notre objectif ! »

D’un commun accord, nous décidons de laisser mon bloc, je continuerai sur mon Bi 3. Le 7 litres à peine posé, nous nous trouvons face à un cul de sac, c’est le siphon 3. Le fil est accroché sur la paroi de gauche et coupe en travers de la vasque pour disparaître dans une eau d’un beau bleu turquoise. La galerie est particulièrement rectiligne à cet endroit, sorte de métro naturel d’où la glaise est totalement absente !

Je récupère mon bloc, et nous nous lançons à l’assaut de ce nouvel obstacle aquatique. Il est très clair et court, une bassine comme dit François. J’abandonne mon bloc peu après. Je me sens plus léger, on se relayera pour porter celui de mon camarade, bien ficelé dans un kit.

            Les 180m nous séparant du S4 sont vite avalés, et nous voici face à lui ! Le fil d’Ariane a été arraché par les anciennes crues ; François sort son touret et part sur la gauche dans une eau cristalline. Je me glisse à mon tour, sous la voûte pour ressortir quelques secondes plus tard dans une salle avec de l’eau à la taille. On y trouve sur la gauche, une petite terrasse avec une cheminée surplombante, endroit idéal par attendre un compagnon à pied sec ; Lors de la première exploration, il y a 35 ans, un des deux spéléo s’est arrêté au niveau du S5, a-t-il attendu à cet endroit ? De l’eau à la ceinture, la galerie chemine sur une vingtaine de mètres, et forme un coude à 45° puis nous abordons le S5. Le fil est en place, nous le plongeons, il est aussi court  et limpide que le précèdent.

            L’enchaînement dans l’exondé qui fait suite, reste sensiblement de même morphologie que la rivière aval. Il nous faut néanmoins passer un ou deux bassins profonds avant d’arriver après 340m de galerie, au détour d’un virage, à un petit lac qui bute sur une paroi de calcaire ; nous sommes au S6. Le fil toujours en place part plein ouest, son passage fut très court, encore 20m de galerie et nous sommes devant le S7. Ce dernier s’avère plus long et plus profond que tous les autres (S2=60m par -2, S3=10m par -1, S4=13m par -1, S5=15m par -1, S6=10m par -2, S7=45m par -6m). Il nous faut remonter un talus de glaise pour le traverser (visibilité réduite).

            Il est 17h, et nous voici après 15m de galerie, au terme de la partie connue. Face à nous, après 2600m de tribulations, s’offre une vaste salle où s’ouvre la vasque du dernier siphon connu et plongé sur 20m jusqu'à une étroiture non franchie à -6m. Cela faisait des mois que nous attendions cet instant ! Cela fait 35 ans que personne n’y avait remis les pieds ! Nous ne cachons pas notre satisfaction. L’eau court sur un lit de graviers où nous déposons notre attirail. Nous picorons quelques gaines, avant de s’y attaquer ! Le fil a été arraché par les anciennes crues, il faut le réinstaller.

            Ayant consommé sur mon bi3, je n’ai pas assez d’air pour la suite, c’est François, qui ira voir le passage étroit où la voûte vient tutoyer le gravier, à la côte -6m. Il fixe son fil à coté de l’ancien, et part avec son bi 3 porté à l’anglaise, autonomie 20 min !

S’en suivent de très longues minutes, mon frère d’arme est parti vers l’inconnu ! L’air qui remonte le long de la paroi fait un bruit impressionnant… On dirait Donald Duck enroué vociférant en javanais ! Ce grognement dura une dizaine de minutes, puis plus rien ! Ça y est, il a passé l’étroiture, il est en première ! Encore une dizaine de minutes de silence inquiétant et j’ai le plaisir d’entendre à nouveau Donald Duck annonçant son retour !

Il émerge transi et me fait le récit de son exploit!

Il s’y est repris à deux fois pour désobstruer le passage bas, en grattant le lit de graviers poussé par le courant. Mais la deuxième fût la bonne, il dégonfla sa wing et se glissa en marche arrière dans la pente ! Une fois passé, il poursuivra dans le même axe jusqu’à – 9m, puis le talus remonte mais il reste bloqué sous une voûte à -4m. Des particules de calcite tombent du plafond altérant la visibilité, la suite n’est pas là ! Il a déjà consommé les quarts, il doit rebrousser chemin.

Au retour, il lui semble entrevoir à - 9m, le prolongement du siphon, sur sa droite. Cela parait logique car la galerie forme depuis le S6, des cassures perpendiculaires en direction du sud.

François a déroulé 41m de fil dont 21 en première !

Ayant déjà consommé sur mon bi3 depuis le siphon 4, je joue la sécurité et je n’irai même pas voir l’étroiture. Nous changeons les piles de nos lampes qui éclairent depuis déjà 8 heures d’exploration.

            18h, nous ne tardons pas. Il est temps de rentrer, nous allons nous réchauffer en marchant. Retour sans encombre (S7, S6 dans le brouillard ; S5, S4, S3 sont restés clairs ; S2 opaque, visibilité 50cm).

Il est 19h45, quand nous ressortons du siphon 2, contents de pouvoir se reposer au sec…

Après avoir largué à même le sol nos scaphandres et autres équipements, nous nous réjouissons de pouvoir quitter nos néoprènes humides et froides pour nous précipiter dans des polaires sèches qui nous réchauffent très vite, c’est simple mais quel bonheur !

Reste à monter le camp, qui se synthétisera par une cordelette en travers de la galerie, deux couvertures de survie en guise de toit, deux autres pour le sol et la terrasse. Nous pouvons passer à table, il est 21h, le réchaud brûle le fond d’une casserole, et l’eau du thé ne tarde pas à bouillir. Le premier bol finissant dans les cailloux, nous réitérons l’opération, nous allons pouvoir enfin, nous réhydrater et nous réalimenter. Pour l’apéro, quelques tranches de saucisson aux girolles.  Dommage ! On l’aurait bien accompagné d’un petit vin blanc de Meursault ! « Petit, PeTiiiiiiiiiit, c’est du Bourgogne …Monsieur, …on n’est pas dans le bordelais! »

En guise de repas : un plat déshydraté à se partager !

Notre périple a endolori nos muscles qui ont bien besoin de repos, nous décidons de dormir un peu ! Notre Literie n’a rien de glamour, enveloppés telles des papillotes dans nos survies, nous tentons de trouver le sommeil, au milieu d’effluves de riz fermenté croupissant dans une vasque et d’urée…eh oui ! Pour gagner du temps, on se pisse dessus dans nos combines néoprènes, on a beau rincer, l’odeur persiste !...Enfin… moi, ça sent rien !

Les miséreux carrés de matelas ne masquent guère le sommier fait de cailloux. Un oreiller gonflable et ma wing disposée sous mes reins m’offrent peut-être un peu plus de confort que peut en avoir mon compagnon d’infortune. Celui-ci n’arrête pas de bouger, faisant crépiter sa couette d’aluminium à chaque mouvement !

Enfin, ça y est, il ne bouge plus, il semble dormir !

Au dessus de nos têtes, nous domine, magistrale, une cheminée d’une trentaine de mètres avec à mi-hauteur, un énorme bloc de plusieurs centaines de tonnes. Et si, comme en février 2003, la terre se mettait à trembler …

Des gouttes d’eau s’écrasent après une chute libre de quinze mètres sur notre vulnérable guitoune, rompant ainsi le silence apaisant. J’apprécie ce moment de calme rythmé par l’eau.

C’est samedi soir et on est bien loin de la vie trépidante de nos autres congénères se trémoussant au rythme du DJ. Quant à nos camarades, en surface, une soixante de mètres au dessus de nous, installés au lavoir de Francheville, ils doivent déguster un bon repas !

Je regarde la flamme des bougies qui danse au tempo de ma respiration, le feu m’a toujours fasciné, cela doit venir de mes ancestraux aïeux, subtil mélange de Néandertalien et de Cro-Magnon !

Quelle drôle de sensation de dormir sous terre, dans cette grande galerie de 10 à 15m de plafond pour 4m de large, à quelques mètres de la vasque du siphon 2 qui dans quelques mois va ennoyer totalement cette dernière sous plusieurs mètres d’eau.

Le froid me tire de ma torpeur, je reviens à la réalité, j’ai les pieds gelés !  Rien d’étonnant, ils sont en dehors de la survie et hors de la tente ! Je n’ose pas bouger de peur de réveiller mon voisin qui dort comme un nouveau né !

Je n’y tiens plus, j’ai trop froid ! Il faut que je m’enveloppe les pieds !

Malgré milles précautions, le bruit strident de la survie tira François de son sommeil… « Désolé !».

Nous dormons ainsi alternativement, tels les marins, par tranche de quart heure, pour un cumulé total de 45 min.

1h du mat, j’ai des frissons, « clac » fait la goutte en tombant du haut ! J’ouvre les yeux, mon voisin ne dort plus !

Nous resterons un bon moment, dans cet état léthargique, ce n’est pas qu’on soit bien installé, mais on n’a pas envie de bouger !

            Nous faisons le point mentalement en restant « bien au chaud » ! Nous avons tout le matériel à remballer, ensuite il faudra se débarrasser des couvertures de survies…

Allez on y va ! De toute façon, cela ne sert à rien d’attendre plus longtemps !

Sauter dans sa néoprène mouillée et froide, n’est pas si terrible que cela finalement ! Nous débarrassons notre camp de fortune, pour n’en faire qu’un tas. Nous décidons d’y mettre le feu ! Ce ne fût pas une brillante idée, car il faut savoir que les couvertures de survie faites d’aluminium, brûlent très mal, elles fondent, de plus même si la galerie est vaste, elle devient assez rapidement enfumée, nous forçant à déguerpir prématurément !

Nous voilà sur le chemin du retour, avec un sac de 40kg chacun contenant un bloc 7,5L et tout le matériel de plongée! Nous redoublons de vigilance pour ne pas chuter lors du franchissement du gros bloc qui permet l’accès à la rivière et à ses bassins profonds. Deux ou trois goulées d’air dans la wing permet au sac d’avoir une flottabilité positive, nous facilitant grandement la tâche dans cette partie aquatique !

Et ensuite commence notre calvaire, chaque pas est épuisant, heureusement que l’on s’est reposé un peu, car je ne sais pas comment on aurait fait ! « Cloc, cloc »  Tiens, la dalle qui bascule sous notre passage, n’a pas résisté à nos charges dignes des sherpas de l’Everest ; un morceau s’est cassé !

Météo souffrance n’avait pas annoncé un retour aussi dur !

Ce n’est pas possible ! Les deux éboulis ont doublé de volume! Et là, à chacun sa méthode : François, le mors entre les dents : « Aller hue ! Vieux cheval !» et moi plus posé, je ménage ma monture, ce n’est pas le moment de se casser une cheville, ou de se tordre un genou! Nos sacs sont trop lourds, surtout qu’ils sont pleins d’eau, car on n’a pas prévu de trous dans le fond de ces derniers. Merde ! La sangle de fermeture de mon sac a lâché et le bloc s’est mis en travers, il faut que je le reconditionne! Il faut dire que celui-ci est malmené, tantôt tiré à bout de bras, tantôt porté, il n’a pas résisté ! Je laisse filer mon compagnon et prends le temps de refaire mon baluchon.

Il nous aura fallu presque 4 heures (soit le double de l’aller) pour regagner le lac de boue. Epuisé, je laisse mon bloc de 7,5l dans la rivière, je n’ai pas le courage de franchir la dernière partie glaiseuse avec un obus d’acier dans mon bagage, on verra cela la prochaine fois ! De la gouillasse collante jusqu’aux genoux, je finis de m’épuiser avant de rejoindre mon camarade, qui me donne un coup de main pour me sortir de ce piège mouvant ! Nous ne sommes pas mécontents d’être arrivés au terme de la partie pédestre !

            Nous préparons notre dernière plongée, presque mécaniquement, et nous glissons dans l’eau sombre du lac. Tel des robots, en marche arrière,  nous avalons lentement ces 150m tortueux, puis vidant nos bouées, sombrons dans les ténèbres du siphon 1…

Dix minutes plus tard, nous réapparaîtrons de l’autre coté, sous le puit du gouffre du Soucy !

Le froid commence sérieusement à se faire sentir, et nous ne traînons pas pour remonter les 57m de l’abîme.

A 7h bien passé, nous retrouvons l’air libre et humide, puis nos camarades que nous tirons du lit ! « Oh les têtes que vous avez ! On dort mal à Francheville…surtout dans le lavoir ! »

 

Quelques chiffres :

Temps passé sous terre : 22h

Distance parcourue en première : 21m

Distance totale parcourue : 2600m

Distance totale parcourue en siphon : 340m

Distance inter siphon la plus longue : 1360m entre S1 & S2

Nombre de siphons : 8

Nombres de blocs utilisés par plongeur pour aller au S8: 5 (3 x 7,5L & 2 x 3L)

 

Epilogue et remerciements :

Fin septembre, soit 3 semaines après la pointe, avant les crues de l’automne, nous sommes allés rechercher nos blocs. Deux bi 3 et quelques tubes étanches laissés au niveau du S2, et deux 7,5L vers le lac de boue. Nous avions pris pour cette sortie, nos scaphandres dorsaux afin de pouvoir ramener tout ce lourd matériel en une fois ! Nous avons nettoyé l’emplacement de notre bivouac et ramené nos poubelles en surface.

Cette sortie conclura cette aventure collective 2013 au sein du Club Alpin de Dijon.

            Nous remercions les membres de notre section spéléo du Club Alpin de Dijon qui ont participé à cette aventure, et sans lesquels rien n’aurait été possible ! Nous remercions aussi notre club pour le prêt du matériel indispensable à notre activité !

 

 

LEXIQUE :

Mil : Mille en vieux Français (ce n’est pas une faute d’orthographe)

Kits : sacs spéléo en forme de tube

Brelage à l’anglaise : Baudrier intégral permettant de fixer les bouteilles de plongée de chaque côté du corps, procurant ainsi un confort et une maniabilité sans précédent surtout lors du passage des étroitures.

Palmage Frog kick : palmage similaire aux grenouilles (frog), qui nous vient des anglo-saxons, qui a pour avantage de moins lever les particules du fond du siphon, contrairement au palmage classique.

Villecomte : Bourg situé à 20km au nord de Dijon où l’eau du réseau ressort à l’air libre par la résurgence du Creux Bleu au centre du village, et où se trouve la station hydrologique basée sur l’Ignon qui nous donne de précieux renseignements sur les niveaux d’eaux.

Quart en consommation d’air : Règle de sécurité qu’on se fixe en plongée spéléo sur chaque bouteille et qui lorsque qu’elle est atteinte, annonce qu’il est temps de faire demi-tour ;

Wing : (vient du mot anglais : Aile) Bouée utilisée en plongée qui permet de « planer », et de s’équilibrer dans l’eau.

Chailles : roche ou concrétion siliceuse que l’on trouve dans les calcaires du jurassique et qui à la particularité d’être moins sensible à l’acidité de l’eau, créant ainsi des sortes de verrues ou rognons arrondis qui ressortent des parois calcaires.

Crue cinquantenaire : voir le contre rendu de la crue du 04 mai 2013 par François Beaucaire où l’eau est montée de 15m au Soucy, de 2m à la Combe aux prêtres et de 31m sur les 37m de profondeur que compte le gouffre de Nonceuil.

Dévidoirs : Instrument comprenant une bobine servant à stocker le fil d’Ariane qu’on déroule dans les siphons afin de retrouver son chemin.

Kuyukuyé : Voir article publié dans le Spelunca N° 63 du mois de Septembre 1996 (page 16 et 17).

Touille : Terme qui  veut dire en langage spéléo que l’eau devient trouble, suite au passage d’un plongeur qui a levé l’agile déposée au fond du siphon.

Cloportes cavernicoles : ce sont vraisemblablement des Isopodes aquatiques, du nom scientifique : Caecosphaeroma,  qui mesurent 10 à 15 mm de longueur et que l’on trouve dans les rivières souterraines de Bourgogne et de Franche Comté







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