Carnet de route

Respect aux anciens.

Le 04/10/2014 par olivier Juaneda

Voilà c'est la fin...

Dernière sortie alpinisme du club, fermeture du refuge des Cosmiques, ça sent la saison morte en montagne...

C'est par contre la première à l'aiguille du Midi pour Florian, Matthieu et Micha. On en prend plein les yeux, grand beau, paysages imposants, et encore on est toujours sur la plate-forme entouré de japonais (on doit d'ailleurs être devenu des stars au Japon!). Descente de l'arête et sans transition on passe de touriste à alpiniste: concentration de mise pour éviter d'atterrir au plan de l'aiguille plus rapidement que voulu!

Pour cette der, on décide de rendre hommage aux anciens, Messieurs Rebuffat, Baquet et les frères Finch. Direction le granit rouge de la face sud de l'aiguille du midi pour la voie Rebuffat-Baquet. Un mot me trotte dans la tête à la fin de la voie: chapeau! Nous, on a les beaux chaussons qui vont bien, les coinceurs de toutes les couleurs, de belles dégaines, un topo en couleur (bon, on l'avait oublié en bas, mais quand même) et une corde qui retient un camion, et on se dit au sommet que, quand même, ça grimpe tout du long! En 1956, c'est grosses en cuir, pulls jacquard, pitons et beaucoup de confiance pour oser s'attaquer à "ce miroir de pierres vertical" (Rebuffat).

On se laisse prendre par l'ambiance contemplative du coucher de soleil sur la dent du géant, on ne se pose à l'abri Simond qu'au début de nuit. Cette cabane a été construite en 1942, on dort à côté des restes de la gare d'arrivée du col du Midi, ancien téléphérique qui permettait de monter au laboratoire des rayons cosmiques. Allez, un peu d'histoire: lors de la construction en 1938,  il fallait monter des pièces de 80kg à 3600m pour permettre l'ancrage du premier câble de service. Devant la difficulté de l'entreprise, M. de Peufeuilhoux, (directeur des travaux) choisit de parachuter des colis de matériel au col. On était en 1939!

Retour en 2014 pour ce dimanche ensoleillé. Il ne fait pas trop froid, l'arête des cosmiques est juste au-dessus du refuge, on est quasi seul (merci la météo qui avait annoncé un dimanche pourri). L'arête est un beau voyage, contournement de tours en protogine (on passe au pied de Digital crack, 8a) , passages de mixtes, cheminées rocheuses, et un beau final dans cette austère face NW de l'aiguille où l'on distingue au loin les bouches béantes des crevasses de la Jonction.

C'est moins émotionnel que la Rebuffat, mais la première date quand même de 1911, avec comme alpinistes forcement des anglais (déjà!), Max et George Ingle Finch. Pour le coup, c'est chaussures à clous, piolet pour la taille de marche, corde en fibre naturelle dite de Manille (Abaca), assemblage tressé de fibres élémentaires d’un mètre, constituées de plusieurs torons câblés (pour comparaison, la corde en chanvre cassait pour une chute libre d'un mètre sous une charge de 80 kg!). Il n'y a bien sur pas de baudrier, il ne sera généralisé qu'à partir des années 50.

A noter que George sera de l'expédition à l'Everest de 1922 avec les Mallory et Norton. C'est lui qui préconisera l'utilisation de l'oxygène en altitude... L'expédition montera jusqu'à 8230m (nouveau record de hauteur).

La fin de l'arête permet, par une échelle, de retrouver le monde des touristes (Micha a d'ailleurs failli en embrocher un en enjambant la rambarde!) puisqu'on arrive directement sur la terrasse de l'aiguille. Pause au soleil et c'est la descente la plus dure de la saison, en téléphérique: le dénivelé est plutôt rapide... Retour à Dijon où les projets fusent, la saison de ski de rando approche. A ce revoir sur des skis...

 







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