Carnet de route

Week-end Calanques Grandes voies

Le 27/01/2017 par Cécile G.

Puisqu'une secrétaire du CAF dont je tairai le nom pour préserver son anonymat se décharge de ses responsabilités sur une petite nouvelle récemment arrivée, c'est moi qui rédigerai ce compte-rendu. Je m'excuse par avance pour l'excès de virgules et de parenthèses et pour les phrases alambiquées (et j'espère que ça dissuadera ladite secrétaire de me refiler cette tâche sans vergogne la prochaine fois :p)


Le Départ :

C'est donc à cinq, dont deux néophytes de la grande voie, que nous partîmes de Dijon pour rejoindre, par un froid vendredi soir de janvier, la douceur méridionale des Calanques. Les cinq heures de route se sont passées sans encombre ; on a en profité pour partager nos plus beaux mots bizarres (comme "tramontane", "éterle" ou "aréopage") en nous émerveillant sur l'augmentation de température à mesure qu'on avançait vers le Sud. On est arrivé à minuit passée à Marseille, où nous attendait un appart et, surtout, une miraculeuse place de parking dans la rue.

Le Samedi :

Samedi matin, départ prévu à 7h30, départ effectif à 7h45 : jusque là, tout va bien. On part en direction de la calanque de Sormiou, pour aller faire des voies dans le secteur Rumpe Cuou. On arrive dans la calanque pour le lever du soleil : Tita propose de s'arrêter prendre une photo, Seb manque de se fouler une cheville sur le gravier (rétrospectivement, on aurait peut-être dû s'encorder, c'est vrai !). On repart joyeusement pour arriver au parking au bord de l'eau. 8h30, on est toujours bons !

Le topo annonçait un secteur bien équipé mais une approche pourrie : à ce moment-là, on était complètement en mesure de confirmer le deuxième point. On commence par rejoindre un col en crapahutant/semi-escaladant sur une bonne centaine de mètres de dénivelé dans les cailloux, puis on en fait au moins autant en redescente ensuite. Mes genoux, les chevilles de Laure et l'appréhension de Tita étaient pas hyper enthousiastes, mais finalement on s'en est sorti, avec moult exclamations admiratives sur la beauté du cadre.

Arrive l'endroit où on peut laisser les sacs pour le pique-nique, et où il faut décider par quel chemin passer : à gauche, du sentier bien pentu avec une corde, puis une grande marche le long du niveau de l'eau pour rejoindre le départ de nos voies. A droite, une traversée avec une corde fixe qui commence par un pas en descente un peu flippant, suivie de deux rappels pour rejoindre le départ. Après avoir un peu hésité, on choisit la traversée et les rappels. On abandonne les repas, les topos après les avoir pris en photo et une perche à selfie (je ne dénoncerai pas la personne à qui elle appartenait :3), Tita s'encorde entre Seb et Ivan, histoire de se rassurer, on longe la corde fixe et... on termine par un bel atelier macramé pour la désencorder (on a fini par passer les 50m de la corde à travers son baudrier, non ne demandez pas comment on  en est arrivé là, on sait pas trop non plus !). 

Rappel 1, rien à signaler. Rappel 2, la difficulté consiste à ne tremper ni les cordes ni le grimpeur dans les vagues... et c'est un échec pour le premier à descendre, Seb. Pendant que les suivants descendent en galérant un peu pour rester du côté de la paroi qui évite le bain de mer, Seb cherche les deux voies côte-à-côte que Laure et lui avaient repérées... et ne trouve pas grand chose, les points jouant admirablement bien à cache-cache sur la falaise. Laure part en éclaireuse chercher la voie qu'elle avait repérée pour Ivan et elle, et le temps qu'elle pose un relais sur plaquette dans un secteur pas vraiment sur le topo, nos 3 paires d'yeux réunies finissent par trouver les points qui nous intéressent. Laure revient, on se demande, à 13h, combien de conneries il nous reste à faire avant de pouvoir commencer à grimper, et puis on y va.

Ivan et Laure partent sur une voie annoncée en 5b-5c sur l'un des topos, tout se passe bien. De notre côté, Seb grimpe en tête dans une voie plus raisonnable (4c-5a) et Tita et moi jouons les seconds, histoire de commencer soft (c'est nous, les néophytes !). Tita est plus à l'aise une fois accrochée à une paroi. Les talkies aident vachement à la communication ('fin, à condition que ça soit vraiment un grimpeur qui parle dedans, et pas une poche qui appuie sur les boutons) (et à condition d'appuyer correctement sur le bouton avant de parler) (et à condition d'être rapide et précis, style "Laure pour Ivan, relais posé, quand tu veux" plutôt que "Seb pour Cécile et Tita, Seb pour Cécile et Tita, c'était pour vous dire que là le relais est essentiellement posé et que donc vous pouvez bien partir quand vous voulez, voilà c'est tout !") ('fin je dis tout ça mais je vise personne soyons clairs !)
Personnellement, grimper à deux sur la même voie avec Tita m'a furieusement rappelé les parties à deux joueurs d'IceClimbers sur NES ! Et puis le cadre est super, le soleil brille, le rocher est pile à la bonne température sous les doigts, les voies sont agréables et pas patinées, le ressac de la mer fait une bande-son plutôt sympa... alors je répète vigoureusement que je suis vachement contente d'être venue et que c'est trop bien

On arrive au bout des deux/trois premières longueurs en un temps raisonnable, on récupère le pique-nique et on casse une graine au soleil et on se dit qu'on ferait bien la suite pour revenir au sommet. Comme le repérage a été bien fait, on a encore une fois une voie vraiment facile à côté d'une autre accessible à Laure et Ivan, donc on recommence à grimper de conserve. Deux (ou trois ?) longueurs plus haut, après un petit sentier une dernière longueur en 5c/5c+ (je crois) est possible pour les motivés. Ivan et Laure s'y lancent, tandis que Tita et moi renonçons face à un Seb qui n'insiste pas non plus.

Laure et Ivan profitent de la vue sur les calanques baignées dans le soleil de fin de journée depuis leur sommet, et finalement on rejoint la voiture sans même avoir besoin des frontales (heureusement : on en avait 2 pour 5 !)

Retour sans encombres jusqu'à l'appartement (mais non sans détours, p*%#in de GPS et de voirie marseillaise !),on trouve miraculeusement une place de parking presque plus près de l'appart que celle de la veille, on dîne de soupe à l'oignon, pâtes aux légumes, brownie et compote et on va majoritairement se coucher tôt. Oui, "majoritairement" car deux irréductibles grimpeurs, Tita et Ivan, ont encore l'énergie nécessaire pour aller découvrir les folles nuits marseillaises (et voir la ville autrement que par ses tunnels autoroutiers !). Ils ont fini par rentrer à l'appart à une heure tardive, donc on ne s'attardera pas sur la sous-optimalité de leur trajet de retour.

La météo est pas très fiable pour le lendemain : selon les sites et les modèles, le temps va du sec à la pluie, en passant par le crachin. On décide de mettre encore un réveil à 7h, et d'aviser au réveil.

Le Dimanche : 

Au réveil, le temps a l'air suffisamment clément pour permettre de grimper. On change de secteur, et on part du côté de Luminy dans l'idée de faire Temple (Seb, Tita et moi) et Civa (Laure et Ivan). Pendant les 40 minutes de la marche d'approche, le temps est assez variable, avec tantôt des nuages tantôt de très belles éclaircies. On arrive au pied des voies sous les nuages, et, le temps que les premiers montent, le crachin arrive.

Et là, c'est le moment où une longueur qui aurait pu être vachement sympa, dans une jolie cheminée, avec une superbe vue sur la mer, devient vraiment très pénible : les doigts sont gourds, les pieds glissent, l'averse trempe les prises... :( Après avoir vérifié que ça m'empêcherait pas de continuer, Tita jette l'éponge au milieu de la première longueur et demande à être redescendue. Je continue ma longueur, un peu en galère sur la paroi mouillée avec mes bras et jambes courbaturés, et je finis par rejoindre Seb au relais. On constate que ni le temps ni le niveau des longueurs ne font mine d'aller en s'arrangeant. Ivan est de son côté arrivé au premier relais de leur voie, et Laure est un peu en galère dans sa première longueur. On décide collectivement qu'il est plus raisonnable d'arrêter l'acharnement, et on redescend en projetant d'aller faire un tour au Belvédère pour nous consoler.

Evidemment, on s'est fait troller par la météo, et le temps de récupérer une première dégaine clippée par anticipation sur la longueur suivante puis de redescendre en rappel et ranger tout le matos, le petit grain est passé et le soleil revient ! C'est pas grave : on va faire un tour au belvédère, on profite bien de la superbe vue sur le Cap Canaille et la grande Candelle. Ensuite, retour à la voiture, tri du matos et retour à Dijon ! On aura quand même eu le temps de profiter d'une pause "faire le plein" pour faire découvrir les Sundae aux deux d'entre nous qui ne connaissaient pas, et on est finalement arrivés à Dijon vers 20h.

La deuxième journée était moins chargée en grimpe mais tout aussi sympa que la première, et globalement tout le monde était très content du week-end.

CLUB ALPIN FRANCAIS DIJON
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