Carnet de route

Semaine de grimpe au pays de Gaston

Le 06/03/2017 par Léon Didier

Dimanche treize heures, la voiture de Pierrot s’est mise en branle. Direction les Calanques et plus précisément Cassis qui sera notre port d’attache. Les protagonistes de ce voyage sont Pierrot, Amélie, ainsi que Françoise que nous prendrons en cours de route sur l’aire de Beaune et moi-même le narrateur. Une fois tous les quatre, pendant le trajet nous commençons à visualiser les différentes voies dans lesquelles Pierrot à l’intention de nous faire cheminer, ainsi que de pronostiquer la météo pour la semaine. Arrivés à destination nous prenons possession de l’appartement et déterminons la voie à réaliser le lendemain, ce sera la Porte Oubliée secteur du 14 juillet à Cap Canaille. Nous grimperons en flèche c’est-à-dire à trois, un leader et deux seconds ; en effet Amélie attendant un heureux évènement ne nous accompagnera pas dans nos folles envolées.

Lundi, levé 07h15, petit déjeûner copieux, toilette de chat, et c’est parti pour notre première de la semaine. Après une marche d’approche avec deux rappels, nous accédons au pied de cette porte oubliée dont les quatre longueurs varient entre le 6B et 6C+. Le départ à lui seul mérite d’être oublié puisque les deux premières broches s’atteignent en tire clou, et jusqu’à la quatrième l’usage d’une dégaine magique est salvatrice. Ensuite nous enchaînons les longueurs dans un magnifique rocher sculpté et un superbe toit qui m’a demandé un surcroît d’énergie même en second. Malgré la difficulté de la quatrième longueur et de son crux final, nous avons pu sortir à temps avant que la pluie nous transforme en gouttière, heureusement la voiture n’était pas loin de la sortie.

Mardi, rebelotte on retourne tous les trois à Cap Canaille pour effectuer Mala Vida une voie en six longueurs dans les mêmes cotations que la veille. Par contre le départ à froid dans un toit côté en 6B+ demande un petit échauffement et une préparation mentale pour la suite. Il m’a fallu trois tentatives avant de pouvoir décoller et commencer à progresser. Heureusement que Pierrot dans sa mansuétude m’a présenté un nouvel ami se prénommant Fifi Petzl, nous aurons été inséparable pendant toute cette semaine. La longueur finale dans un magnifique pudding de galets, coupé par un toit  m’a demandé la réalisation d’une pédale pour le franchir, celle-ci restera parmi les plus belles longueurs effectuées sur la semaine.

Mercredi, un nouveau compagnon de cordée s’est joint à nous pour une partie de la semaine, il s’agit de Thomas, qui était sur place depuis quelques jours avec Jérémie, et qui se retrouve seul suite au retour sur Dijon de celui-ci. Donc aujourd’hui les cordées vont se composer de Pierrot/Thomas, Françoise et moi. Pour la cordée de Pierrot, ils ont opté pour  l’Intégrale à la Calanque de l’Oule, et nous le Sourire de Pénélope Calanque de l’Eissadon. Les deux voies se trouvant relativement dans le même secteur, il est prévu que l’on se retrouve au col de l’Oule à l’issue de notre grimpe pour partager un frichti, et ensuite de faire le chemin de retour ensemble. Malgré un premier rappel paumatoire qui nous a fait perdre beaucoup de temps pour accéder au départ de la voie, nous avons réalisé une belle grimpe dans un très beau rocher avec une vue magnifique. Arrivés au col de l’Oule, nous avons pu recharger les batteries en partageant saucisson et fromage avant un retour au parking de la Guardiole.

Jeudi, Là on va taper dans le dur !!!!! Aujourd’hui deux cordées composées de Françoise/Thomas, Pierrot et moi, objectif la voie le Voyage de Cyrano avec son roc, son pic, son cap, que dis-je sa péninsule qui surplombe les deux longueurs déversantes en 7A et 6C  sur un pudding en galets qui pour une partie ne demande qu’à finir au fond de la calanque. Encore une superbe voie où tous les quatre nous avons passé des moments inoubliables, même si nous avons tous trouvé que le premier point de la L5 se trouvait particulièrement haut. Et que dire de la L8 qui n’était que du 5B mais qui nous permettait de caresser les moustaches de Cyrano par une enjambée impressionnante pour rejoindre des strates amenant au relais final.

Vendredi, après avoir déposé Thomas à la gare de Cassis, nous filons vers la Guardiole pour notre avant dernière aventure de la semaine. Objectif Chasseur de Pierres (Etat d’Urgence), une voie aux dires de certains où il n’y a qu’un crux délicat en 6C dans la première longueur, et qui  déroule sur les longueurs restantes. Déjà la météo n’est pas des plus engageantes, de grosses rafales perturbent nos rappels avec nos cordes qui se trouvent emportées par le vent. Pierrot est obligé de descendre un long rappel en fil d’araignée avec les cordes autour du cou pour que le vent n’aille par les coincer dans les blocs parallèles. Arrivés au pied de la voie Pierrot examine la première longueur, il visualise la difficulté, et ce ne sera qu’au bout d’une heure après une bataille farouche avec zipette et rocher gras qu’il atteindra le premier relais. Pour ma part, j’ai directement fait appel à mon nouvel ami Fifi, qui m’a permis de franchir cette difficulté sans trop m’entamer. Le reste de la voie n’a été que pur bonheur pour nous trois.

Le soir ce sera restaurant pour notre dernière à Cassis, et consultation effrénée de la météo pour le lendemain. La résolution est prise, demain départ pour Dijon vers dix heures. La météo pourrie du samedi ne nous permettra pas de faire une dernière voie à Cap Canaille avant le retour.

Retour sur Dijon avec des souvenirs plein la tête, partagés entre le plaisir, l’émotion, et l’amitié.

Cette semaine j’aurai encore appris bien des choses, et particulièrement à jouer au tarot.

Didier

CLUB ALPIN FRANCAIS DIJON
5 RUE CAPORAL BROISSANT
21000  DIJON
Contactez-nous
Tél. 03 80 43 86 02

Lien Facebook

image Plus d'infos
Agenda