Les cotations

Les cotations en escalade libre rocheuse (falaise)

Les cotations en escalade libre rocheuse (falaise)

Cela débute à 2 et s'arrête pour le moment à 9b+, cette limite supérieure a beaucoup évolué en une trentaine d'années. En France, il est fait une différence entre les cotations « falaise » et les cotations « bloc », bien qu'elles utilisent les mêmes chiffres.

Les différents niveaux de cotations :

  • tout d'abord les degrés de 2 à 9
  • puis des subdivisions notées a, b ou c
  • puis des subdivisions complémentaires notées + ou -, ou encore a/b, b/c …

Ainsi, une voie cotée 6a+ est-elle plus difficile qu'une 6a, et plus facile qu'une 6b-.

Il existe dans le monde plusieurs échelles de cotation, la première date de 1925 (Echelle Welzenbach). Cette échelle comportait six degrés. Une norme UIAA (Union Internationale des Associations d'Alpinisme) définit une échelle de cotation qui fait référence. Mais, plusieurs pays utilisant leur propre système, il existe des tableaux de correspondances, en voici un exemple ci-contre.
Vous trouverez une tableau plus complet ici.
Les cotations falaise tiennent compte des facteurs suivants : difficulté intrinsèque, pas les plus durs et notion de résistance.

Les cotations en escalade sur blocs

Les cotations en escalade sur blocs

Les cotations bloc sont données uniquement en fonction de la difficulté intrinsèque du problème. En escalade sur bloc, la couleur des flèches peintes sur le rocher définit la difficulté globale du circuit, qui peut être augmentée d'un + ou diminuée d'un -. Il faut cependant nuancer car la hauteur du bloc ou la réception en cas de chute jouent sur la cotation. Les cotations bloc sont plus sèches qu'en falaise.

Ci-contre, correspondance entre les cotations falaise et bloc, en France.

Pour la plupart des circuits, le tableau ci-dessous résume l'ordre des cotations. Ces cotations sont issues de Fontainebleau.

L'escalade artificielle

L’escalade artificielle consiste à progresser sur les points que l’on place dans les différentes faiblesses du rocher, telles que les fissures, les trous… La cotation en "Artif" est fonction de la solidité des points et de la hauteur de chute possible lorsqu’un des points cède sous l’effet de la chute du grimpeur.

Les différentes cotations s’échelonnent entre A0 et A6 :

  • A0 : Tous les points de protection sont en place et résistent à une chute du premier de cordée. Si vous rencontrez dans une voie de plusieurs longueurs une section A0, c’est généralement une longueur dite "tire clou", qui vous aide à franchir une section difficilement réalisable en libre.
  • A1: La cordée équipe elle-même la voie, les points résistent à la chute, même si deux points au  plus peuvent être plus délicats. Le matériel utilisé est composé de pitons, de coins de bois, de coinceurs, de friends...
  • A2 : La cordée équipe la totalité de la voie. La majorité des points résistent à une chute. Certains passages sont plus techniques et les passages délicats correspondent entre 5 et 10 points successifs.
  • A2+ : Un peu plus délicat, la chute potentielle se situe entre 10 et 20 mètres.
  • A3 : Les passages techniques sont plus longs et peuvent être réalisés sur crochets. Néanmoins des points bétons du type spits ou pitons scellés sont en place entre les passages techniques. La chute potentielle peut atteindre entre 20 et 25 mètres.
  • A3+ : Les pas peuvent être encore plus délicats. Le niveau y est beaucoup plus soutenu et la chute potentielle peut avoisiner les 30 mètres.
  • A4 : Très longues sections techniques, les points de progressions (à opposer aux points d’assurage) peuvent avoir 10 mètres d'écart. La progression devient plus lente. Une longueur peut demander plusieurs heures. Des points solides entrecoupent ces sections très délicates. La chute potentielle peut atteindre les 50 mètres.
  • A4+ : Pas encore plus délicats, escalade plus technique et plus soutenue.
  • A5 : Extrême, tous les points sont des points de progressions et pas des points d’assurage. La chute est interdite. L’ascension d’une longueur peut devenir interminable, de plusieurs heures à la journée.
  • A5+ : Aucun point ne résiste à la chute sauf les relais. Autant dire que la chute est interdite.
  • A6 : Par définition, les points ne résistent qu’au poids du grimpeur. Les points et même les relais ne résistent pas à un vol. La chute est donc strictement interdite.

Les cotations en alpinisme

La cotation d'une course d'alpinisme prend en compte beaucoup plus de facteurs que la cotation des voies d'escalade pure. En général, on utilise un mélange des cotations de difficulté technique pure (la notation UIAA présentée dans le tableau des cotations d'escalade par exemple) agrémenté d'une seconde notation plus généraliste, prenant en compte les différents aspects de la course sur son ensemble. On trouve parfois simplement cette dernière indication, détaillée ci-dessous (cotation globale).

  • F : Facile
  • PD : Peu Difficile (passages de 2 à 3)
  • AD : Assez Difficile (passages de 3 à 4)
  • D : Difficile (passages de 4 à 5)
  • TD : Très Difficile (passages de 5 à 6a)
  • ED : Extrêmement Difficile (passages de 6)
  • ABO : ABOminablement difficile (passages de 6 soutenu avec nombreux passages plus difficiles en 7)

S'ajoutent ensuite des sous-cotations repérées en + ou -, ou bien en sup. ou inf. (supérieur ou inférieur).
Une course d'alpinisme peut se dérouler uniquement en rocher (en escalade libre ou artificielle), mais aussi en neige et glace, ou présenter tous ces aspects à la fois, on dit alors en mixte. Voir à cet effet les échelles de cotation des paragraphes suivants, qui viennent compléter la cotation globale du tableau ci-dessus.

Attention : La cotation est différente pour le ski ou l'alpinisme. Un couloir peut facilement mériter un D pour le ski alors que sa cotation alpinisme, à la montée, ne dépasse pas AD ou PD.

Remarque : il est fréquent de constater que pour les cotations de difficulté technique pure, on utilise les chiffres romains jusqu'au degré 5 (c'est-à-dire II, III, IV, et V), et les chiffres arabes à partir du degré 6 ...

Les cotations en ski

Cette cotation ponctuelle, complémentaire à la cotation globale, évalue la difficulté du passage le plus délicat de la descente à ski. Elle est essentiellement liée à la pente, mais prend aussi en compte l'exposition. Ses différents degrés sont :

  • S1 : itinéraire facile ne nécessitant pas de technique particulière pour évoluer en sécurité, route forestière par exemple.
  • S2 : Pentes assez vastes, même un peu raides (25°), ou itinéraires vallonnés.
  • S3 : Inclinaison des pentes jusqu'à 35° (pistes noires les plus raides des stations, en neige dure). L'évolution en toutes sortes de neige doit se pratiquer sans difficulté technique.
  • S4 : Inclinaison des pentes jusqu'à 45° si l'exposition n'est pas trop forte; à partir de 30° et jusqu'à 40° si l'exposition est forte ou le passage étroit. Une très bonne technique à ski devient indispensable.
  • S5 : Inclinaison de 45 à 50° voire plus si l'exposition est faible. A partir de 40° si l'exposition est forte. En plus d'une technique parfaite, la maîtrise nerveuse devient importante.
  • S6 : Au delà de 50° si l'exposition est forte, ce qui est le plus souvent le cas. Sinon à partir de 55° pour de courts passages peu exposés.
  • S7 : passages à 60° ou plus, ou saut de barres en terrain très raide ou exposé.

La cotation d'engagement en glace, neige et mixte

La cotation d'engagement est une estimation du degré de danger dans lequel se trouverait la cordée si un problème survenait. Elle prend en compte de très nombreux critères et reste subjective. Parmi les critères principaux, on peut noter l'éloignement de la civilisation (refuge, vallée, etc.), les possibilités d'échappatoire ou de redescente, l'altitude ...

  • I : L'itinéraire est court et s'effectue rapidement. Comme il est proche de la vallée ou du refuge, les secours peuvent intervenir rapidement. Il est possible de faire demi-tour à tout moment.
  • II : L'itinéraire est plus long (4h environ) et se déroule un peu plus loin de la vallée ou du refuge. Néanmoins, il est possible de faire demi-tour à tout instant. Les secours peuvent être avertis assez rapidement.
  • III : L'itinéraire s'étale sur plus d'une demi-journée et ne se déroule plus aux abords directs de la civilisation. La retraite est possible mais commence à être délicate. En cas de mauvais temps, les secours peuvent connaître de grosses difficultés pour apporter leur aide aux alpinistes.
  • IV : L'itinéraire s'étale sur une journée complète. Le parcours est long et n'est pas accessible depuis la civilisation. La retraite est délicate. Un point de non retour peut être rencontré. En cas de mauvais temps, l'itinéraire peut s'avérer très dangereux et les secours ne peuvent intervenir.
  • V : L'itinéraire est très long et demande entre 12 et 24h d'effort. L'accès est difficile. La retraite est délicate dès l'attaque de la voie. Rapidement il n'est plus possible de faire demi-tour. Les échappatoires sont rares et délicats. En cas de mauvais temps ou de problème, les alpinistes doivent compter sur eux-mêmes.
  • VI : L'itinéraire est long et peut demander plusieurs jours. L'approche est aussi longue et délicate. L'itinéraire est totalement isolé. Une fois engagé, il n'est plus possible de faire demi-tour. Les échappatoires sont des courses en soi. Une totale autonomie de la cordée est requise dans la difficulté.

L'escalade glaciaire

La cotation en escalade glaciaire prend en compte différents facteurs: la verticalité de la paroi, la hauteur de la section la plus dure, la configuration de la glace (rideaux, cigare, goulotte,…), la qualité de la glace (fine, bien fournie, compacte, aérée,...).
Le principe est une cotation à double entrée, système venu du Canada, qui tient compte de 2 facteurs, l'engagement d'une voie et sa difficulté pure. On distingue ainsi le "sérieux" de la course exprimé en chiffres romains (Grade), et le degré de difficulté technique exprimé en chiffres arabes.

Les différentes cotations s'échelonnent entre le Grade III et le Grade VII :

  • Grade III : Peu d'inclinaison, 75° avec de nombreux ressauts. La glace est bien compacte.
  • Grade III+ : Identique au Grade III avec un ressaut plus raide (80°).
  • Grade IV : Passage raide à 85° sur 10 mètres avec une glace compacte.
  • Grade IV+ : Identique au Grade IV, mais le passage plus raide peut aller jusqu'à la verticale sur environ 15 mètres.
  • Grade V : Passages verticaux sur 20 mètres. La glace commence à s'aérer et donne des formes particulières, comme des "cigares" en cascade de glace.
  • Grade V+ : Plus technique, les passages verticaux peuvent atteindre 30 mètres.
  • Grade VI : Technique, les passages verticaux peuvent atteindre 40 à 50 mètres.
  • Grade VI+ : Voie totalement verticale, avec des passages en petits surplombs.
  • Grade VII : Escalade extrême et technique. Très raide avec de gros surplombs.

Le degré de difficulté technique s'échelonne de 1 à 7 et peut varier suivant les conditions de la glace :

  • 1 : Cascade présentant des passages à 50 / 60°.
  • 2 : Cascade présentant des passages à 60 / 70° avec de bonnes possibilités d'assurage.
  • 3 : Cascade présentant des passages à 70 / 80°.
  • 4 : Cascade présentant des passages à 75 / 85° avec une courte section verticale.
  • 5 : Cascade présentant une section à 85 / 90°. Condition de glace délicate.
  • 6 : Cascade présentant une longueur difficile demandant une bonne maîtrise technique. Qualité de glace délicate et ancrages difficiles.
  • 7 : Grande maîtrise technique, gros mental et très difficile.

On peut également trouver des indications complémentaires, avec l'utilisation des lettres suivantes: X pour la fragilité des structures de glace, R pour leur faible épaisseur, et M pour le caractère mixte (voir ci-dessous)

Le dry tooling

C'est une escalade mixte entre zones de rocher, qui sont gravies en crampons et piolets, et zones de glace, éventuellement de neige. L'équipement est donc celui adapté à l'escalade glaciaire. Ce "mixte moderne" est en pleine évolution, et le système de cotation n'est pas encore figé. Il se caractérise par l'utilisation de la lettre M, l'échelle de cotation va de M1 à M12 (pour l'instant), et comporte des demi-degrés en + et -.

 

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